Présentation
Western Australian Fishing Industry Council
Le WAFIC (Western Australian Fishing Industry Council / Conseil de l'industrie de la pêche d'Australie-Occidentale) a été créé il y a 40 ans par la filière des produits de la mer. Ce conseil représente l’ensemble des produits de la mer sauvages et d’élevage, pendant et après prélèvement, la distribution de ces produits, ainsi que l’industrie perlière d’Australie occidentale. WAFIC est actif dans la promotion de la formation, de la qualité des produits de la mer, des initiatives de santé et de sécurité professionnelles dans le secteur ; il finance également de grands projets de recherche et développement en Australie occidentale. Par ailleurs, il récompense la recherche de l’excellence au sein de la filière de la pêche par la remise des Fishing Industry Awards qu’il attribue tous les deux ans. La pêche à la langouste d’Australie occidentale se distingue car elle a été la première pêcherie au monde à obtenir la certification du Marine Stewardship Council, preuve de son engagement pour une gestion saine et pour la durabilité.
Richard Stevens a rejoint le WAFIC en 1993, en tant que directeur de la recherche et du développement, et il a été chargé de promouvoir une culture R&D dans la filière et de discerner les implications de gestion de la recherche, chose que les pêcheurs trouvent souvent difficile à comprendre et à envisager de manière critique.
Alliance Produits de la mer: au cours de votre vie, avez-vous été témoin de changements dans la filière?
Richard Stevens : le plus grand changement a été la reconnaissance du fait qu’une ressource commune doit être protégée, et du point de vue de la filière, cette protection a de meilleurs résultats par des droits de propriété garantis qui encouragent la préservation.
Quelles sont les principales espèces pêchées en Australie occidentale ? Comment caractériseriez-vous cette pêche ?
L’Australie occidentale a un littoral de 14000 km pour seulement 1400 permis de pêche professionnels. Les principales pêcheries sont celles de la langouste australienne, des perles des mers du Sud, des crevettes, des coquilles Saint-Jacques et des ormeaux. Traditionnellement, tous ces produits sont à forte valeur pour un faible volume, et sont principalement destinés à l’export. Il y a également une petite pêche de poissons de haute qualité, très prisée par la communauté locale, et un secteur aquacole en développement.
Quels sont les programmes du WAFIC qui se sont révélés les plus réussis et pourquoi ?
Le fait que nous ayons été la première pêcherie au monde certifiée par le Marine Stewardship Council a sans aucun doute été un moment fort. Garantir que la filière finance la recherche destinée à soutenir la gestion, afin que l’ensemble de nos pêcheries principales se mette en conformité avec la loi fédérale pour la protection environnementale et la préservation de la biodiversité (Federal Environmental Protection and Biodiversity Conservation – EPBC) a également été un succès. WAFIC s’est aussi fortement impliqué dans le développement des premières normes de sécurité alimentaire au monde. Il a également réalisé le premier catalogue normatif de dénomination des poissons (Fish Names Standard), avec près de 5000 espèces qui ont désormais un seul nom commun pour chaque nom scientifique.

Le WAFIC est passé d’un premier objectif de protection des droits des pêcheurs au droit du consommateur à accéder aux informations: en Australie occidentale, huit amateurs de produits de la mer sur dix achètent local, et protéger et garantir cet approvisionnement et la confiance du public dans cet approvisionnement sont des points essentiels de la pérennité de la filière.
Comment décririez-vous votre philosophie vis-à-vis de la préservation des océans ?
En tant que spécialiste de biologie appliquée, je sais bien qu’il n’y a que très peu, voire aucun, écosystème «naturel» qui n’ait été affecté par l’homme. Par conséquent, il faut les gérer. Pour le public, la question est de savoir quel niveau de modification l’environnement peut-il tolérer afin de pouvoir tirer des bénéfices de cette modification. WAFIC s’est associé à des écologistes, tout comme il l’avait fait lors de la procédure de certification du MSC, pour déterminer comment les prises peuvent être maintenues avec un minimum de modifications. Ainsi, par exemple, nous prélevons des crevettes de la baie de Shark, inscrite au Patrimoine mondial de l’Humanité, tout en sachant que cela ne perturbe pas les prairies sous-marines, ne génère pas ou très peu de prises accessoires et que la biodiversité est protégée. C’est la philosophie que nous étendons à toutes les pêches de notre État et que nous encourageons en Australie et à l’étranger.
Avez-vous remarqué des tendances récentes dans la filière des produits de la mer ? À votre avis, quels en seront les impacts pour votre organisation ?
La prise de conscience que les produits de la mer, particulièrement ceux riches en oméga-3, apportent de grands bienfaits à la santé et au bien-être des gens a constitué un grand changement. L’intérêt des consommateurs pour la provenance et les moyens de pêche de leurs produits de la mer en est un autre. Parallèlement à l’augmentation démographique de notre État, il s’est développé un débat sur la façon dont nos ressources en produits de la mer doivent être partagées entre les secteurs des professionnels, des loisirs, et du tourisme. L’une des stratégies du WAFIC pour influencer l’opinion publique et politique a été de créer un site Internet (seafoodlovers.com.au) pour entamer un nouveau dialogue entre la filière et les consommateurs de produits de la mer, fournir des informations allant de conseils de préparation culinaire à la façon dont les pêches sont gérées, et comprenant des informations de fond sur les préoccupations actuelles de la filière. L’un des éléments de la stratégie pour engager les consommateurs de produits de la mer au niveau local et international réside dans notre politique d’encouragement des pêcheries à entreprendre une certification indépendante comme celle proposée par le MSC. Nous espérons que cela aidera les consommateurs de produits de la mer et les gouvernements partout dans le monde à donner leur juste valeur aux produits de la mer durables, ce qui se traduira par un accès continu à cette ressource et par une rentabilité financière améliorée des prises.
La crise financière mondiale a également touché notre filière, l’Australie occidentale étant un producteur de produits de la mer à faible volume et à forte valeur. Le spectre des barrières commerciales tarifaires et non tarifaires est préoccupant, tout comme le sont les fausses mesures de «préservation», comme le nombre de kilomètres lié aux transport des aliments (food miles), qui taxerait des prises durables dans des endroits comme l’Australie et la Nouvelle-Zélande en ignorant le fait que les produits de la mer sont exportés dans la cargaison de navires ou d’avions transportant du fret et des personnes. À long terme, les changements climatiques, dans un état dominé par un grand courant venant du sud (le courant de Leeuwin), pourraient avoir un impact significatif. Cela ne sera peut-être pas totalement négatif, mais nous surveillerons les modifications de ce courant, ainsi que la productivité primaire et secondaire, de très près.
Retour à la page Présentations >
 |