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Afishianado™, notre périodique d’information et d’actualités, donne un aperçu des dernières tendances du secteur et des efforts engagés en faveur des produits de la mer durables.
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Présentation

Robin Downey

Robin DowneyRobin Downey est directrice de la Pacific Coast Shellfish Growers Association (PCSGA). Fondée en 1930, la PCSGA représente des conchyliculteurs d’Alaska, de Washington, de l’Oregon, de Californie et d’Hawaii. Ses membres élèvent une grande diversité de crustacés de manière durables tels que des huîtres, des palourdes, des moules, des coquilles Saint-Jacques et des panopes.

Quel est votre produit de la mer préféré ?
Selon moi, il n’y a pas meilleur qu’une huître dans sa demi-coquille, cuite au barbecue juste à point quand la coquille s’ouvre. Trempez-là dans une sauce beurre citron ou mangez-la telle quelle, c’est divin.

Quel est le coquillage le plus apprécié par vos clients ?
Le « plus apprécié » des coquillages est dans l’œil de celui qui le regarde. Dans le monde des bars à huîtres, on peut cependant penser que ce sont les Kumamotos qui sont les plus appréciés. Les conchyliculteurs n’arrivent pas à en produire assez pour satisfaire la demande. Si vous parlez de sushi, alors ce sont les panopes qui remportent le trophée. Mais certains de nos meilleurs clients préfèrent tout simplement une assiette de moules ou de palourdes tendres et douces, cuites à la vapeur.

D’où vient votre intérêt pour la question de la durabilité ?
Ce qui m’a attiré dans ce travail, c’est le rôle que les conchyliculteurs doivent jouer pour protéger l’environnement dans lequel vivent leurs élevages. La qualité des eaux et de l’environnement marin dans lesquels nous élevons nos produits est aussi importante que l’élevage lui-même. Les normes de qualité des eaux d’élevage sont encore plus strictes que celles des eaux de baignade. Une grande partie de notre temps est consacrée à la protection et au rétablissement de l’environnement de nos estuaires. Agir en harmonie avec la nature fait partie de notre travail, c’est pourquoi commencer à s’engager dans le mouvement des produits de la mer durable était tout naturel. Certaines familles sont depuis cinq ou six générations dans la conchyliculture ; on ne peut pas faire plus durable que cela !

Comment décririez-vous votre philosophie vis-à-vis de la préservation des océans ?
J’ai grandi sur les eaux de Puget Sound et les îles San Juan et Gulf. Mon père était marin et mon grand-père pratiquait la pêche sportive, donc l’amour de la mer a fait partie de mon éducation. On m’a appris à apprécier la mer et à respecter tout ce qu’elle apporte. Je me rappelle avoir écumé les plages enfant et on m’a dit de remettre en place les grosses pierres que je retournais pour trouver des crabes, pour ne pas déranger leur « maison ». Nous creusions pour trouver des palourdes, nous ramassions des huîtres sauvages sur la plage et attrapions nous-mêmes nos poissons et nos crabes. Nous ne pensions pas beaucoup à la pollution des eaux à l’époque – c’était un problème dont on entendait parler aux informations et qui concernait d’autres parties du monde. En me rappelant cette époque, il serait facile de se sentir découragé par les effets néfastes de notre démographie exponentielle sur nos ressources marines. Mais nous disposons d’outils pour enrayer la perte des habitats – si nous avions seulement la volonté politique de les utiliser. Des lois définissant des aires protégées et la gestion de la croissance sont essentielles pour protéger ce qui nous reste, et l’information est fondamentale. Ceux parmi nous qui ont la chance de travailler dans des domaines liés à l’eau ont un rôle important à jouer dans la formation du public au sujet de nos ressources naturelles et pour servir d’exemple de bonne gestion. Il s’agit d’élaborer des politiques aux niveaux local, régional et national qui reconnaissent la valeur intrinsèque de nos ressources naturelles et qui les placent en priorité par rapport à l’augmentation de l’impôt sur le revenu lié aux demeures de luxe et aux complexes réalisés le long des côtes.

Comment votre philosophie a-t-elle joué sur le travail de la PCSGA ?
J’ai postulé à cet emploi il y a 10 ans parce que je pensais que l’organisation avait déjà – ainsi que les dirigeants de la communauté conchylicole – au cœur de sa philosophie, la reconnaissance du monde naturel dans lequel j’avais grandi. Les conchyliculteurs qui composent la PCSGA ne font pas que philosopher sur l’écologie ; ils la mettent en pratique au quotidien. Ils prennent réellement leur travail au sérieux. Cette philosophie commune forme la base – les fondations – de tout notre travail.

Les acheteurs de crustacés provenant du Pacifique et les membres de la PCSGA ont-ils remarqué cet engagement vers la durabilité ?
Au fur et à mesure de notre travail d’information des acheteurs sur nos codes environnementaux et sur nos efforts pour promouvoir des pratiques durables, je dirais que la prise de conscience a pris de l’ampleur. Tandis que la plupart des conchyliculteurs pratiquaient déjà des méthodes durables, leur engagement envers l’élaboration de notre code environnemental, entrepris il y a 5 ans, l’a rappelé et a, sans aucun doute, renforcé cet engagement d’une façon plus tangible.

Quelles tendances avez-vous observées au cours de ces 10 dernières années ?
En ce qui concerne les huîtres, nous nous sommes de plus en plus éloignés d’une « denrée » du marché de la viande, où la plupart des huîtres étaient enlevées de leur coquille et vendues en pot, prêtes à frire. Les bars à huîtres ont commencé à apparaître dans tout le pays et ils ont généré une énorme demande pour des huîtres de grande qualité, servies dans leur demi-coquille. On met également aujourd’hui beaucoup plus l’accent sur l’ « origine de la production » qu’il y a 10 ans. Mais les moules Penn Cove était déjà, il y a 10 ans, pour nous gourmets, synonymes de qualité ; nous étions donc déjà en transition dans cette direction. Le mouvement « Slow Food » avait commencé à se développer. Les coquillages sont l’un des aliments les plus rapides à préparer ! À partir du moment où vous mettez un kilo de palourdes dans une casserole, avec ou sans assaisonnement, peut-être un peu d’oignons ou d’ail, il ne faut que 10 minutes pour obtenir un repas incroyablement sain et délicieux. Notre élevage le plus récent est la panope. Elle provient du Nord-Est et était récoltée en plongée. Il n’y avait pas d’élevage jusqu’à il y a 15 ans environ, c’est donc une nouvelle venue parmi les produits de l’aquaculture, principalement utilisée dans les sushi et les sashimi. Si vous allez dans un bar à sushi, demandez un « Murugai » ou « palourde géante ». Il est important de signaler ici que ce sont en fait les pêcheurs de panopes qui ont commencé à les élever, alors qu’ils étaient témoins de l’épuisement croissant de cette ressource naturelle. Lorsque nous pouvons nous appuyer sur des crustacés d’élevage pour alimenter le marché, nous pouvons dire que nous avons protégé nos stocks sauvages. Au bout du compte, le succès de la conchyliculture sera le garant de la santé et de la diversité des ressources naturelles sauvages.

Pourquoi soutenez-vous l’Alliance Produits de la mer ?
J’apprécie le travail d’information de l’Alliance auprès des chefs cuisiniers sur les produits de la mer durables. L’Alliance offre des lieux de rencontre qui amènent producteurs, chefs cuisiniers et consommateurs à apprendre les uns des autres.

Publié le 14 novembre 2007

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