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Afishianado™, notre périodique d’information et d’actualités, donne un aperçu des dernières tendances du secteur et des efforts engagés en faveur des produits de la mer durables.
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Présentation

Andrew Mallison

Andrew Mallison, of Marks & Spencer, holds a wild salmonAndrew Mallison est technicien halieute pour le distributeur britannique Marks & Spencer (M&S). Il s’intéresse depuis toujours aux poissons et à la vie marine et il est diplômé en sciences halieutiques de l’Université de Plymouth. Après ses études, Andrew a travaillé dans la filière australienne du poisson durant un certain nombre d’années et il a passé trois saisons complètes en Alaska. Il a rejoint M&S en 1996, et depuis, il tient à faire entrer de nouvelles espèces de poissons dans les magasins et à encourager les clients à être plus audacieux dans leurs choix. Marks & Spencer a été nommé Seafood Champion 2006

Quel est votre produit de la mer préféré ?
Le choix est difficile, mais parmi tous, je citerais certainement la sole de Cornouailles, grillée entière, ou les langoustines (Nephrops norvegicus), coupées en deux et grillées, accompagnées de beurre à l’ail, servies dans le restaurant en bois des docks de Husavik, au Nord de l’Islande.

Quelle est votre expérience la plus inoubliable en termes de produits de la mer ?
Le meilleur plat que vous n’ayez jamais mangé ? C’est un mélange d’un plat et d’un lieu : mes langoustines favorites, cette fois les écossaises, revenues à l’huile pimentée dans la cuisine d’un navire de pêche, à 7h00 du matin, à Peterhead Harbour, en Écosse. Le bateau venait d’arriver au port, avec sa cargaison, après avoir essuyé un vent de force 9. Le capitaine n’avait pas dormi de la nuit, mais il était encore en forme, et le petit déjeuner avait été préparé par la célèbre écrivain culinaire et journaliste, Tamasin Day Lewis – c’était vraiment un privilège d’être là.

Quel est le produit de la mer le plus demandé ou qui est en passe de le devenir chez Marks & Spencer ?
Nous proposons un choix fantastique de crustacés et ils se vendent très bien – le crabe, le homard et les crevettes sont ce que nos clients demandent le plus. Nous nous fournissons en crabe et homard aux îles Orkney et sur la côte anglaise, et les crevettes viennent de Madagascar et du Honduras ; tous ces produits sont choisis chez des fournisseurs réellement fiers de la qualité de leurs prises et de leur intérêt pour la préservation de l’environnement.

Depuis combien de temps êtes-vous dans le commerce des produits de la mer ? Comment y êtes-vous entré – qu’est-ce qui vous a attiré ?
Il y a près de 25 ans déjà. Adolescent, j’étais fasciné par la vie marine, les aquariums et la mer et j’ai recherché un métier dans le secteur de la pêche. Lorsque j’étais étudiant, j’ai pris des cours du soir en écologie du littoral, puis j’ai obtenu un diplôme en sciences de la pêche. Rien n’est comparable à la couleur, la variété et l’excitation que procurent les poissons et la pêche, le dernier animal qu’il faille chasser pour pouvoir le manger. Je dois me déplacer dans des endroits du monde très peu fréquentés et je suis toujours émerveillé de voir que la pêche permet à de petites communautés de subsister dans des endroits particulièrement inhospitaliers.

Comment vous êtes-vous intéressé à la question des produits de la mer durables ? Comment cela s’est-il produit ? Cela vous a-t-il toujours intéressé, s’agit-il d’une révélation ou d’un changement progressif ?
Cela a été un changement progressif. La demande pour les produits de la mer a régulièrement augmenté au cours de ces dernières années, mais elle s’est principalement concentrée sur les espèces traditionnelles, comme le cabillaud et l’églefin. En parallèle, alors que ces pêcheries subissaient de plus en plus de pression, les politiques sur les ressources souvent partagées et les difficultés d’appréciation et de mise en application ont fait chuté de nombreux stocks en-deçà de leurs niveaux durables. La théorie économique selon laquelle on arrêterait de prélever des espèces devenues trop chères à pêcher (lorsque les coûts liés à la pêche sont supérieurs à ce que cela rapporte aux pêcheurs), afin de laisser le stock se reconstituer, ne semble plus fonctionner du fait des progrès technologiques considérables. L’étude de l’économie de la pêche et de la « Tragédie des biens communs » (« Tragedy of the Commons », article célèbre de Garrett Hardin paru dans la revue Science en décembre 1968) montre les raisons de ces appauvrissements, mais, à moins d’être un pays ayant strictement restreint l’accès à la pêche comme l’Islande, la plupart des stocks souffrent car les politiques essaient de concilier besoins socio-économiques et environnement.

Comment l’intérêt de l’entreprise envers la durabilité a-t-il conduit Marks & Spencer à modifier ses pratiques commerciales ? Pourriez-vous nous donner des exemples de ce qui vous a conduit à changer les espèces que vous achetez/vendez ?
Marks & Spencer a toujours essayé de répondre aux attentes de ses clients. Ils nous font confiance pour agir de façon responsable. Nous ne vendons que des produits portant notre label, et nous assumons la responsabilité de tout ce qui se trouve dans nos magasins – même le filet de morue ou les crevettes sur une pizza – nous ne nous cachons derrière aucun autre label.

En tant qu’entreprise, nous avons également investi dans les ressources humaines, afin de comprendre chacune des filières avec lesquelles nous travaillons – pour autant que je sache, je suis le seul scientifique spécialisé dans la pêche employé par un distributeur au Royaume-Uni. De par notre culture, nous choisissons naturellement de ne pas vendre une espèce de poisson qui deviendrait surexploitée. À la fin des années 1990, nous avons retiré le cabillaud de mer du Nord de nos rayons lorsque nous avons constaté que les débarquements chutaient et que la taille moyenne du poisson diminuait. Les réunions annuelles que nous avons avec des halieutes nous aident à comprendre les tendances des stocks avant même que ces informations soient publiées et rendues disponibles, telles que le guide Good Fish de la Marine Conservation Society.

Ce processus est maintenant mieux défini et plus élaboré, avec une politique cohérente sur les espèces à vendre et à ne pas vendre et, plus important encore, sur les décisions que nous devons prendre par rapport aux stocks qui ont besoin de se reconstituer.

Vos fournisseurs en produits de la mer vous ont-ils aidé à trouver des produits de la mer durables pour vos magasins ?
Oui, et nous n’aurions pas pu nous passer d’eux. Nous tenons à impliquer nos fournisseurs et les pêcheurs le plus possible, en les invitant dans nos magasins pour qu’ils voient ce que nous faisons et pour que nous puissions discuter de ce que nous pouvons faire pour améliorer la qualité et pour protéger les stocks halieutiques.

Comment Marks & Spencer choisit ses produits ?
La qualité vient en premier lieu – le poisson doit être conforme aux critères de nos clients en termes de goût et, bien sûr, de sécurité sanitaire. Si nous pensons pouvoir obtenir une qualité appropriée et un avantage commercial, nous évaluons alors la durabilité avant de mettre quoi que ce soit sur nos étals.

L’entreprise informe-t-elle les clients sur les produits de la mer durables ?
Sont-ils réceptifs ? La durabilité est un sujet compliqué et difficile à expliquer en quelques mots. Nos politiques et nos normes ont été évaluées par des groupes indépendants, comme Greenpeace et la Marine Conservation Society. Ces deux organisations ont déterminé que nous étions le meilleur distributeur au Royaume-Uni. Avec leur accord, nous avons fait figurer cette distinction sur nos étiquettes et sur nos présentoirs en magasin, en étant convaincus que ce type d’affichage fait passer le message d’une façon simple. Nos clients comprennent désormais mieux le logo du Marine Stewardship Council (MSC), et nous modifions actuellement nos emballages afin que ce logo soit visible sur les produits issus de pêcheries certifiées, notamment le saumon sauvage d’Alaska. Nous avons également utilisé notre démarche d’approvisionnement en produits de la mer comme message clé de notre campagne Look Behind the Label (Au-delà de l’étiquette), lancée en janvier 2006 pour informer nos clients de notre engagement à agir de façon responsable.

En janvier 2007, le directeur général de M&S, Stuart Rose, a annoncé le lancement de notre « Plan A » de 400 millions de dollars sur 5 ans. Une partie de ce plan comprend un engagement à s’approvisionner exclusivement en poisson auprès de pêcheries certifiées MSC (ou équivalent) d’ici à 2012, à vendre davantage de poisson d’élevage biologique et à réduire les quantités de produits de la mer expédiées par fret aérien. Toutes ces mesures ont fait l’objet d’une communication de grande ampleur et sont téléchargeables sur notre site Internet.

Notre étude de marché montre que les clients sont conscients de ces questions, qu’ils sont préoccupés par la surpêche et par l’usage qu’en font les revendeurs, et qu’ils souhaitent que nous trouvions des solutions.

Qu’est-ce qui est, à votre avis, le plus intéressant et prometteur au sujet du marché actuel des produits de la mer ?
Le poisson est bon pour la santé et il peut se cuisiner très facilement et très rapidement, si l’on sait s’y prendre ! Les clients apprécient de plus en plus les produits de la mer et nous facilitons l’accès à une variété de produits faciles à cuisiner, pratiques, de qualité et pêchés de façon responsable. Notre nouvelle gamme de produits Cook ! est composée de produits de la mer de grande qualité, sans aucun additif, et qui peuvent être cuisinés à la maison, en suivant des instructions simples. J’ai vraiment hâte que de plus en plus de clients apprécient davantage le poisson et aient envie de le cuisinier.

Quel votre plus grand défi ?
Notre marché couvre une grande variété de clients, avec des pouvoirs d’achat différents. Les produits de la mer ne sont pas bon marché, particulièrement si leur qualité et leur impact environnemental sont conformes à nos normes ; ils représentent un budget important pour le consommateur. Notre défi est de rendre le poisson abordable lorsque nous le pouvons, mais il nous faut également expliquer aux clients qu’un approvisionnement responsable se traduit aussi par un coût plus élevé. Il est crucial de permettre à nos clients de faire des choix avertis et de réaliser qu’ils en ont pour leur argent.

Un autre défi serait de convaincre les clients d’essayer de nouvelles espèces. Il existe de délicieux poissons qui sont peu connus car ils ont des noms bizarres ou n’ont pas très bonne réputation, mais ils sont vraiment à découvrir. Cela permettrait d’élargir le menu car les espèces traditionnelles se feront de plus en plus rares et de plus en plus chères.

Que pourriez-vous suggérer à l’Alliance Produits de la mer afin qu’elle aide en ce sens ?
L’Alliance Produits de la mer a un rôle majeur en termes d’information pour pouvoir faire les bons choix. Elle met en valeur les acteurs qui agissent en faveur d’un marché durable ; elle informe également où l’on peut s’approvisionner en produits durables. Les entreprises qui essaient d’aller dans le bon sens ont besoin de soutien et elles réinvestiront dans un avenir durable. L’Alliance est également bien placée pour réunir l’ensemble des professionnels de la filière et les décideurs politiques, pour qu’ils développent ensemble des solutions. Promouvoir d’autres espèces de poissons et des recettes pour les accommoder serait aussi très utile.

Que signifie le titre de Seafood Champion pour M&S ?
Cela a été un réel privilège d’être distingué par l’Alliance Produits de la mer ; un immense travail a été effectué par de nombreuses personnes pendant un grand nombre d’années pour atteindre ce niveau. Nous sommes très fiers qu’une organisation indépendante et respectée pense que ce que nous faisons est bien. Nous espérons que nos clients réaliseront que nous avons remporté ce prix parce que nous avons fait le petit effort supplémentaire nécessaire et qu’ils choisiront M&S pour leurs achats de produits de la mer, non seulement pour sa qualité, mais aussi pour son approvisionnement responsable et son investissement dans l’avenir.

Publié le 22 août 2007

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